Château fort, donjon, tour, enceinte, motte castrale, fortification, ruine du Moyen Âge en Belgique.

Les châteaux en Belgique et plus particulièrement les châteaux forts du Moyen Âge de Belgique sont ici à l'honneur. Notre but : faire (re)découvrir le patrimoine fortifié médiéval. La visite d'un prestigieux château fort ou d'une ruine féodale abandonnée nous ramène à un temps taxé d'obscurantisme par certains et magnifié d'imaginaire chevaleresque par d'autres. Personne n'y est indifférent, nos racines s'y enfoncent trop profondément.

Remparts de Binche



Les remparts de Binche sont les plus grands vestiges fortifiés du Moyen Âge en Belgique. Rien de moins. Cette enceinte protège la ville depuis les XIIIe et XIVe siècles. Elle s'étire encore de nos jours sur près de deux kilomètres. 250 mètres de courtines manquent à l'appel (ainsi que les portes d'entrée dans la vieille ville et cinq tours, sur les trente d'origine). Ne cherchez pas ailleurs, de telles enceintes, en Belgique, il n'y en a pas. Même Tournai, qui n'est pourtant pas la dernière de la classe en la matière, ne peut les concurrencer.

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Une fois n'est pas coutume, on connaît avec précision la date de naissance de la ville. Elle fut fondée de toutes pièces en 1124 par la comtesse de Hainaut, Yolende de Gueldre sur des terres appartenant au préalable à l'Eglise. Une ville sans habitant n'étant pas une ville, il convenait d'y attirer du monde. Pour ce faire, la comtesse offrait des privilèges à tous ceux qui acceptaient de s'y installer. Parmi les avantages proposés, un classique du genre, une recette bien connue et qui plait toujours : l'allègement de taxes ! Et il semble que l'on ne payait pas ses impôts avec plus de plaisir au Moyen Âge que de nos jours car ce petit paradis fiscal, sur son éperon rocheux, tel le Monaco féodal du compté de Hainaut, va rapidement rencontrer un vif succès. Dès le XIIe siècle, Binche se pare d'une première enceinte de pierre, édifiée par Baudouin IV, dit le Bâtisseur (il sera également à l'origine de la tour Burbant, donjon du château d'Ath), et renforcée par son fils Baudouin V.

Ca n'a l'air de rien comme ça, mais à l'époque, Binche devenait ainsi un véritable OVNI posé dans les campagnes moyenâgeuses. Voir un ville défendue par des murailles -quand partout ailleurs ce sont encore des buttes de terre et des palissades de bois qui remplissent ce rôle- ne devait pas manquer de créer son petit effet auprès de tout assaillant potentiel. Le succès de la ville ne se démentant pas, Binche déborde assez rapidement de sa première enceinte. Une seconde, plus grande, est construite dès 1250 avec des murs de 4 mètres d'épaisseur. Nous pouvons encore en admirer aujourd'hui 25 tours et un peu moins de deux kilomètres de murailles sur les 2126 mètres d'origine.

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Les parties les plus anciennes (visibles sur les 3 premières photos de cet article) reposent sur un éperon rocheux. En son sommet, les vestiges du palais renaissance de la soeur de Charles Quint, Marie de Hongrie, sont encore visibles. Les tours de l'enceinte sont très vraisemblablement postérieures aux courtines, même si elles restent très primitives. Elles sont construites en saillie et ne présentent aucune ouverture. Elles sont en fait remplies de terre. La défense active s'effectuait depuis des hourds qui coiffaient les murs et les chemins de ronde. Il n'en reste plus trace aujourd'hui.

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Sur le rempart du Posty, des réparations anciennes de briques font leur apparition et une tour est aménagée d'archères en croix avec des canonnières. L'évolution des armes à feu permet d'estimer ces adaptations au XVe siècle.

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A la hauteur du rempart dit de Saint-Ursmer se trouve la tour Margot de Fayt, la seule des 25 tours qui ne soit pas arrondie. Cette Margot, unique en son genre, nous dévoile pudiquement à l'extérieur de l'enceinte quatre côtés de son charme hexagonal.

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Un peu plus loin, une tour aux archères pourvues de canonnières, comme la tour du rempart du Posty, mais cette fois sans la croix. Ce n'est décidément pas la diversité qui manque dans les équipements des tours de Binche. Toutes les formes d'archères possibles s'y côtoient.

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Sur les remparts Saint Georges, les archères sont à nouveau simples et étroites. La tour Saint Georges, quant à elle, est la seule à avoir été aménagée en tour habitable et à présenter une forme en "D". Elle est rehaussée de briques rouges.

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La portion du rempart de Bon-Secours dévoile également des tours simples et primitives. Sur une vingtaine de mètres, le talus de terre présent à la base a été en partie dégagé. Cela permet d'observer l'impressionnant travail nécessaire à la construction de fondations sur arcades, même technique que celle retenue pour la première enceinte de Bruxelles.

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Le terrain étant ici marécageux, l'enceinte ne pouvait s'appuyer sur une solide base de roche, comme c'est le cas pour la partie première de la ville. Afin d'assurer une bonne stabilité à l'ensemble, le choix de fondations sur piliers, reliés entre eux par des arcades, s'est naturellement imposé. Il permet non seulement une grande stabilité mais est très efficace contre la sape (cette méthode très répandue depuis l'antiquité qui consiste à creuser sous les courtines pour qu'elles s'effondrent).

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Dans la rue Carlo-Mahy, le secteur est étonnamment bien défendu. La muraille est particulièrement haute et bien conservée, les tours y sont nombreuses, de dimension imposante, et très peu distantes les unes des autres.

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Enfin, trois belles arcades brisées sont bien visibles dans la rue Saint Paul. Elles faisaient partie d'un refuge, construit sur les bases de l'ancien donjon comtal, et établi ici en 1380 par l'abbaye de Bonne-Espérance.

Peu avant l'an 2000, la totalité du site des remparts connu d'importants travaux de restauration et de mise en valeur. Le résultat est à la hauteur du travail accompli. Il nous permet de contempler aujourd'hui la ville comme elle se présentait hier. Binche est un peu la Carcassonne de Belgique, 1000 mètres de muraille en moins, mais 1000 Gilles en plus.

Informations pratiques :
Adresse : 7130 Binche, Belgique. Voir le circuit complet des rues sur notre carte sous l'appellation "Remparts de Binche (circuit)".
Visite : Visite et approche extra-muros possible sur presque toute la longueur, gratuitement toute l'année. Visite intra-muros possible gratuitement en plusieurs endroits dont le Parc de la ville qui abrite les vestiges du Palais de Marie de Hongrie. Informations et guide auprès de l'Office du Tourisme.
Location pour évènements : pas de location proposée.

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