Château fort, donjon, tour, enceinte, motte castrale, fortification, ruine du Moyen Âge en Belgique.

Les châteaux en Belgique et plus particulièrement les châteaux forts du Moyen Âge de Belgique sont ici à l'honneur. Notre but : faire (re)découvrir le patrimoine fortifié médiéval. La visite d'un prestigieux château fort ou d'une ruine féodale abandonnée nous ramène à un temps taxé d'obscurantisme par certains et magnifié d'imaginaire chevaleresque par d'autres. Personne n'y est indifférent, nos racines s'y enfoncent trop profondément.

Château d'Havré


Le Château d'Havré est un ancien château fort de plaine. Si son existence est avérée au Moyen Âge dès 1226, ces origines sont certainement bien plus anciennes. Il est aujourd'hui en ruine ; on peut le regretter car il a traversé de nombreux siècles avec faste. Nous le verrons plus loin, des noms aussi célèbres que celui de Rubens y sont associés. Ce n'est en définitive que récemment qu'il dû subir le pire des sorts : la négligence et l'abandon. Un manque d'amour, et donc de soins, classiquement fatal à ces grandes et exigeantes demeures. Son histoire n'est pas banale, il aurait même failli devenir américain ! Mais voyons tout cela plus en détail.

Le château d'Havré se protège, comme il se doit, par de larges douves. Sa situation géographique était d'autant mieux défendue que les terres environnantes, gorgées d'eau, formaient au Moyen Âge, comme à Jehay ou à Braine-le-Château, d'impénétrables marécages. La bâtisse est composée, d'une part, d'imposantes tours carrées de brique rouge (ayant perdu un peu de leur hauteur d'origine ainsi que leurs merlons et créneaux) et, d'autre part, d'une façade de pierre avec son donjon bien conservé couvert d'une toiture en bulbe -un artifice ajouté au début du XVIIe siècle lors de grandes reconstructions faisant suite à un incendie survenu durant l'été 1578. Et dire que le château d'Havré venait de subir quelques mois plus tôt, sans "trop" de dommages, les assauts successifs et victorieux de Don Juan et du Duc d'Albe. Pas de chance.

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La seigneurie d'Havré appartint aux maisons d'Havré, d'Enghien, de Harcourt, de Longueville et enfin de Croÿ.  De trop nombreux et illustres personnages y sont passés que pour pouvoir les nommer tous ; retenons tout de même -outre don Juan, déjà cité plus haut et qui n'avait pas été invité- le séjour régulier au château du peintre Rubens ou encore de Van Dyck, mais aussi du célèbre chirurgien Ambroise Paré, venu en hâte ligaturer les artères du fils de Philippe II de Croÿ dont le genoux avait vu d'un peu trop près le boulet d'une arquebuse. Inutile de préciser qu'à l'époque ce genre d'opération relevait d'avantage de la science-fiction que du remède traditionnel de grand-mère.

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Ce qu'il reste aujourd'hui à Havré, ce sont essentiellement les reliques d'un château Renaissance, basé sur un édifice du Moyen Âge.  Il s'en est fallu de peu pour que tout disparaisse. Après l'invasion française en 1792, le château sera peu à peu délaissé. Il deviendra magasin en libre service pour voleurs et pillards de toute sorte, puis pour collectionneurs peu scrupuleux. Mais jusque là, l'édifice tient bon ; un américain se serait même proposé de le racheter et de le transporter pierre par pierre pour le remonter à l'identique outre-atlantique ; une folie qui n'aura pas lieu, pour céder la place à d'autres folies : celle du Chanoine Puissant d'abord, passionné de vielles pierres, qui tenta, seul et armé de sa truelle, de panser les plaies des murs d'Havré (après tout, il accomplit bien des miracles en sauvant le château d'Herchies, celui d'Ecaussine-Lalaing, ainsi que le donjon de Sars-la-Bruyère... mais le site d'Havré est grand et la tâche sera trop ardue. Pour une pierre que pose le Chanoine, deux autres s'effondrent un peu plus loin) ; la folie des autorités régionales ensuite qui héritent du château mais le traitent avec la plus totale indifférence jusqu'aux éboulements survenus en 1930, le transformant, une bonne fois pour toute, en champs de ruines. Il était alors en cours de classement. Trop tard. Trop bête.

Aujourd'hui, c'est l'ASBL "Les Amis du Château d'Havré" qui en assure la sauvegarde et la restauration, c'est elle aussi qui en propose l'ouverture aux visiteurs. Vous pourrez en tout temps vous balader gratuitement et librement autour des douves et, aux heures d'ouverture, franchir le pont de pierre qui remplace le pont levis d'origine pour pénétrer dans la cour du château où des reconstitutions d'armes féodales sont présentées. Encore un vestige du Moyen Âge qui survit grâce à la ténacité et la disponibilité d'une poignée de passionnés.
 
Informations pratiques :
Adresse : Rue du Château 30, 7021 Havré (Mons), Belgique.
Voir la localisation sur notre carte.
Visite : Oui, visite toute l'année gratuite, accès dans la cour intérieure. Bien visible depuis l'extérieur et aux abords des douves.
Accès à mobilité réduite : oui, cour intérieure et chemin faisant le tour des douves.
Location : location de salles pour banquets et séminaires.
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