Château fort, donjon, tour, enceinte, motte castrale, fortification, ruine du Moyen Âge en Belgique.

Les châteaux en Belgique et plus particulièrement les châteaux forts du Moyen Âge de Belgique sont ici à l'honneur. Notre but : faire (re)découvrir le patrimoine fortifié médiéval. La visite d'un prestigieux château fort ou d'une ruine féodale abandonnée nous ramène à un temps taxé d'obscurantisme par certains et magnifié d'imaginaire chevaleresque par d'autres. Personne n'y est indifférent, nos racines s'y enfoncent trop profondément.

Château fort de Gaasbeek



Gaasbeek le magnifique. Amateurs de Château avec un "C" majuscule, celui-ci est fait pour vous. Vous voulez du grand ? Vous voulez du beau ? Vous voulez du prestigieux ? Gaasbeek va vous rassasier. Il est tout cela à la fois, un brin de folie en plus...

Construit au XIIIe siècle sur la route de Bruxelles, son rôle évident, tout comme Beersel, était de protéger, en amont, la ville de ses assaillants. Mais l'histoire a ses revirements que seule la raison ignore. Et de représailles en représailles, en 1388, ce sont les Bruxellois eux-mêmes qui mettront le château à sac.


Amis touristes, si vous avez un jour été sur la Grand-Place de Bruxelles, il y a de fortes chances qu'après avoir fait une longue file derrière un groupe de japonais, vous ayez à votre tour passé la main sur un bas-relief en laiton représentant un homme mourant. Cet homme à l'agonie est supposé vous porter bonheur ; pourtant peu de monde s'inquiète vraiment de savoir de qui il s'agit. Voici pourtant son histoire : en l'an de grâce 1355, le Duc de Brabant meurt. Sa fille doit lui succéder. Mais le Comte de Flandre ne l'entend pas de cette oreille et profite du décès du Duc pour s'emparer de Bruxelles et envahir tout le Duché. Débute alors la "Guerre de Succession du Brabant". Everard t'Serclaes, élu premier échevin de la ville, réunit patiemment des troupes de Bruxellois... Dans la nuit du 24 octobre 1356, ils escaladent par surprise l'enceinte de Bruxelles et boutent hors les murs les troupes flamandes prisent au dépourvu. Faisant d'une pierre deux coups, t'Serclaes devient un héros à Bruxelles et un ennemi juré en Flandre.

Des années plus tard, des hommes de main de Guillaume d’Abcoude (voir château de Braine-le-Château), allié fidèle et belliqueux du Seigneur de Gaasbeek, seront commandités afin de molester sans ménagement Everard t'Serclaes à Lennik. Celui-ci, gravement mutilé, un pied coupé et la langue arrachée, est ramené, mourant, dans la Maison de l'Etoile à Bruxelles, sur la Grand-Place. Il décède rapidement, le 31 mars 1388. Mais un héros doit être vengé et les Bruxellois prennent immédiatement la route de Gaasbeek. Ils anéantissent l'imposante forteresse dont il ne restera que les fondations de pierre, encore visibles aujourd'hui. Mais alors, ce bas-relief qui porte bonheur, que vient-il faire là-dedans ? Vous l'aurez compris, il est situé dans la galerie sous la Maison de l'Etoile et représente le libérateur des Bruxellois qui y décéda. Et, petite digression familiale, c'est dans cette même maison que bien des siècles plus tard, le père de l'auteur de ces lignes verra le jour. Fin de digression.


Il faudra deux siècles pour que les Comtes de Horne (voir Braine-le-Château) reconstruisent le château. Vers 1500, il devient une large forteresse de briques rouges aux tours principales en forme de fer à cheval, comme à Beersel. Les parties plus anciennes restant en pierre. Perché sur un bord de plateau, il est protégé au nord par un très large fossé sec et au sud par le relief tombant en contrebas. D'illustres propriétaires s'y succèderont, dont le comte d'Egmont. En 1887 et durant dix ans, des travaux importants y seront réalisés par l'exubérante Marquise Arconati-Visconti. Un personnage étonnant, passionnée de la Renaissance, ayant donné son nom à une salle du musée du Louvre, fréquentant Georges Clemenceau et Jean Jaurès, soutenant Dreyfus et recevant les plus grands scientifiques de son temps. Un roman à elle seule. Si Gaasbeek en a vu tomber des têtes, il en a fait tourner aussi. On raconte qu'à la fin de sa vie, elle se déguisait en page à la mode XVIe siècle pour parcourir son domaine et admirer son immense collection d'oeuvres d'art. A sa mort, elle cédera son château à l'état belge. Il est aujourd'hui tel qu'elle l'a voulu, flamboyant et exubérant.

Un des grands intérêts de Gaasbeek réside dans l'environnement immédiat du château. Prenez le temps de vous balader dans le gigantesque parc, entretenu à la perfection. Flânez au bord des étangs à poissons aux eaux cristallines. L'intérieur du château vaut également plus que le détour. Il n'est pas médiéval mais abrite des trésors d'oeuvres d'art dont de superbes tableaux de la fin du Moyen Âge.

Informations pratiques :
Adresse : Kasteelstraat 40, 1750 Gaasbeek, Belgique.
Voir la situation sur notre carte.
Visite : Comptez une petite demi-journée pour visiter le parc, les abords du château (entièrement gratuit) ainsi que l'intérieur et son musée (payant).
Accès à mobilité réduite : uniquement à l'extérieur aux abords du château, dans la partie la moins vallonnée du parc et dans le jardin intérieur.
Location : oui. Location pour séminaires, réunions, déjeuners et dîners, reportages photos pour mariage, communion, etc. mais pas de location pour réception complète de mariage.

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