Château fort, donjon, tour, enceinte, motte castrale, fortification, ruine du Moyen Âge en Belgique.

Les châteaux en Belgique et plus particulièrement les châteaux forts du Moyen Âge de Belgique sont ici à l'honneur. Notre but : faire (re)découvrir le patrimoine fortifié médiéval. La visite d'un prestigieux château fort ou d'une ruine féodale abandonnée nous ramène à un temps taxé d'obscurantisme par certains et magnifié d'imaginaire chevaleresque par d'autres. Personne n'y est indifférent, nos racines s'y enfoncent trop profondément.

Château de Vêves


Le château féodal de Vêves, un château de rêves. Le jeu de mots est facile, mais pas gratuit. Vêves, c'est le château fort des livres de notre enfance. Celui qui abrite en haut de la tour, là, juste à gauche de l'entrée, la belle princesse qui agite son mouchoir en direction du preux chevalier qu'elle aime en secret. Romantique ? Pas exactement. Disons plutôt sobre et élégant, le château féodal de Vêves conserve indéniablement un aspect de place forte du Moyen Âge.

Tout a commencé, comme souvent, par un édifice plus modeste, une villa, construite par Pépin de Herstal au VIIe siècle. De villa, l'édifice suivra la montée en puissance de ses propriétaires pour devenir une petite forteresse dès le IXe siècle. Détruite et incendiée en 1200, elle renaît de ses cendres en 1230. Pas par elle-même -ce n'est pas le Phénix- mais par la volonté des Seigneurs de Beaufort (famille associée également au château de Fallais). Plus grande, plus puissante, la forteresse devient château. Au XVe siècle ce sont les Dinantais qui y boutent le feu. Nouvel incendie. Nouvelle résurrection, presque immédiate. Finalement, Vêves, c'est peut-être bien le Phénix.

Avec la Renaissance, le château surfe, comme beaucoup, sur la vague de l'esthétisme. D'important travaux y sont menés, essentiellement sur les parties intérieures. L'extérieur conservant son aspect féodal. En 1793, c'est au tour des révolutionnaires français de le saccager. Est-ce un ultime assaut ? Non. Le château de Vêves aura encore à subir celui du temps. Aussi insidieux que destructeur. Dans les années 1960, il est en piteux état. Une rénovation s'impose. Elle débute en 1969 avec l'aide de l'Etat. Les travaux dureront 10 ans. Dix longues années au bout desquelles il apparaît à nouveau sous un jour flatteur, tel que nous le voyons aujourd'hui.


De la rue du Pîrli, on découvre la façade sud. D'ici, on comprend mieux la stratégie de l'emplacement. Le château domine la vallée sous la forme d'un pentagone irrégulier flanqué de 5 tours. Les parties les plus anciennes de l'enceinte se situent à l'ouest et au nord-est. Elles datent du début du XIIIe siècle et faisaient partie intégrante du châtelet primitif. Du moins, les deux tiers inférieurs des murs. Le tiers supérieur ayant été ajouté ultérieurement lors de travaux de ré-haussement. Les cinq tours viendront défendre l'enceinte dès la fin du XIIIe siècle. Nous avons parlé de cinq tours, mais le château en comporte six. Pas la bosse des maths ? La sixième est en fait une tourelle, ajoutée bien plus tard, à la droite de l'entrée. Elle ne fait pas partie du pentagone d'origine.


Ces atouts alléchants ont ouvert notre appétit de découverte. Pour nous mettre à table nous allons à présent visiter l'intérieur. En ce samedi après-midi, nous nous dirigeons vers la grille d'entrée. Un petit écriteau y est apposé. Il nous signale que le châteaux est... fermé pour cause de réception de mariage. Nous devrons donc revenir à Vêves pour assouvir notre soif de savoir. Au loin, on aperçoit la mariée saluer ses invités dans un décor de conte de fées. La princesse du début de notre histoire a fini par dévoiler son amour secret au preux chevalier. On n'a donc pas pu visiter.

Un détail suffisamment rare que pour être signalé, le domaine est resté propriété de la famille Beaufort du XIIe siècle à ce jour, sans discontinuer. C'est d'ailleurs le Comte Hadelin de Liedekerke Beaufort qui préside l’ASBL qui gère aujourd'hui le château. Et ce n'est pas le seul illustre Hadelin de la région. A quelques kilomètres à peine, dans le charmant village de Celles se dresse l'Eglise Saint-Hadelin. Le hasard n'existe pas. Cette église fortifiée du XIe siècle est un rare et parfait témoignage du style mosant. Ses deux cryptes sont incontournables. L'une date du XIIe siècle et l'autre du IXe ! Incontournable, on vous le répète.











Informations pratiques :
Adresse : Château de Vêves, 3 Rue de Furfooz à 5561 Celles-  Houyet
Voir la localisation sur notre carte.
Visite : Oui, toute l'année - payante. Le château est bien visible depuis la rue de Furfooz mais la visite est recommandée pour pouvoir l'approcher. Animations prévues pour les enfants.
Accès à mobilité réduite : uniquement les abords du château.
Location : oui, possibilité de location intérieur et extérieur pour réception, mariage, séminaire.
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