Château fort, donjon, tour, enceinte, motte castrale, fortification, ruine du Moyen Âge en Belgique.

Les châteaux en Belgique et plus particulièrement les châteaux forts du Moyen Âge de Belgique sont ici à l'honneur. Notre but : faire (re)découvrir le patrimoine fortifié médiéval. La visite d'un prestigieux château fort ou d'une ruine féodale abandonnée nous ramène à un temps taxé d'obscurantisme par certains et magnifié d'imaginaire chevaleresque par d'autres. Personne n'y est indifférent, nos racines s'y enfoncent trop profondément.

Château de Braine-le-Château



Le château de Braine-le-Château est également appelé château des comtes de Hornes, du nom de cette illustre famille qui y séjourna longuement. Première surprise : il est possible de passer cent fois devant cet édifice sans jamais le remarquer. Il prend pourtant place au bord d'une route très fréquentée. Confortablement installé dans son parc de 6 hectares, il ouvre même timidement ses grilles d'accès directement sur... la place du village ! Beaucoup d'automobilistes passent chaque jour à ses pieds sans même l'entrevoir. Sorcellerie ? Même pas ; un imposant massif d'arbres le protège habillement des regards pressés mais le laisse apparaître à qui veut bien lui consacrer un peu de temps.


Pour découvrir le château des comtes de Hornes, il suffit de laisser sa voiture sur le petit parking, juste devant l'église du village, face à la grille. Toujours ouverte, l'entrée n'est pourtant pas vraiment libre. Le château est privé mais il est aimablement toléré que l'on s'introduise respectueusement de quelques mètres dans l'allée principale afin de découvrir l'édifice dans son entièreté.

Un château médiéval ? Et comment ! On constatera immédiatement qu'il s'est offert, comme beaucoup, quelques liftings au cour des siècles. Sur la tour de gauche, en façade, la mention 1615 fait d'ailleurs référence aux dernières transformations d'importance. L'origine du châteaux remonterait quant à elle à la fin du XIIe siècle. Sa partie la plus ancienne est sans conteste le donjon (au fond à gauche sur le photo) -avec ses murs de 2,10 mètres d'épaisseur- bien que personne ne semble avoir mis la main à ce jour sur des documents probants, attestant de la date exacte de sa construction par les Trazegnies.

Huit familles s'y succéderont. Après son édification par les Trazegnies, viendront les Houdain, puis les Walcourt et les Abcoude. Un certain Guillaume d’Abcoude (1381-1400),  un personnage haut en couleurs, que les historiens nous décrivent comme particulièrement belliqueux, se remarqua par l’assassinat à Lennik en 1388 d’Evrard t’Serclaes, échevin de la ville de Bruxelles, perpétré pour le compte du seigneur de Gaasbeek. Le fils ainé de Guillaume d'Abcoude vendra ensuite le domaine en 1434 à ses cousins, les Hornes, qui le conserveront durant 232 ans, jusqu'en 1666. Suivra un rapide passage, de quatre années à peine, du seigneur d'Ostiche avant que ces terres ne tombent dans le giron des Tours et Taxis pour 165 ans, de 1670 à 1835.  Le 28 mai 1835, le comte Eugène Gaspard de Robiano s'en porte acquéreur. Il est l'ancêtre du propriétaire actuel, le comte Cornet de Ways Ruart.


Puisque nous sommes en présence d'un château fort de plaine du Moyen Âge, l'imposante bâtisse mouille, comme il se doit, dans des douves, transformées en étang d'agrément depuis que l'envahisseur potentiel du domaine n'est autre qu'un relativement inoffensif lecteur du site "Châteaux Forts Médiévaux de Belgique". La légende raconte qu'un passage secret, partant de l'ancien donjon, passerait sous les douves pour mener tout droit au château de Gaasbeek. Même s'il est confirmé par les propriétaires actuels que des vestiges de construction souterraine étaient encore visibles à cet endroit (avant d'être murés par sécurité), les nombreux kilomètres qui séparent les deux édifices suffisent à faire taire la légende.


Le château a un peu perdu de son caractère féodal, comme à Jehay ou à Gaasbeek, carré fermé à l'origine pour la défense, il s'est vu amputé à la fin du XVe siècle par son propriétaire Maximilien de Hornes -Chambellan de Charles Quint et membre de la Toison d'Or- de son aile sud afin de former un "U" plus susceptible de laisser passer la lumière. 

La visite se limite à une approche à distance, sauf en certaines occasions (concerts, journées du patrimoine...) mais une visite de groupe est possible en le demandant au préalable au syndicat d'initiative de Braine-le-Château.

 Il est à noter que ce n'est pas ce château qui a donné son nom au village mais bien un édifice plus ancien encore, situé 700 mètres plus loin et 50 mètres plus haut, datant du XIe siècle, c'était alors une double motte castrale établie au lieu-dit «Les Monts» à l’extrémité d’un promontoire surplombant la vallée du Hain. Ces mottes féodales sont toujours parfaitement visibles aujourd'hui. Et accessibles. Ce qui ne gâche pas notre plaisir 





Informations pratiques :
Adresse : croisement rue de la Libération et rue des Comtes de Robiano.
Voir la localisation sur notre carte.
Visite : On ne visite pas en individuel. Bonne vue d'ensemble depuis l'entrée où il est aimablement toléré que vous vous avanciez un peu. Visite de groupe possible avec guide et événements organisés sporadiquement. Se renseigner auprès de l'office du tourisme de Braine-le-Château, 02/366.93.49, www.braine-le-chateau.org.
Location : pas de location proposée.
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